• Question de cœur - suites de Geneve II

    commentaires à la suite de la conférence de Genève II et la conférence de Vienne début mars 2014



     

    Après l'ouverture timide résultant de Genève II, je me permets de faire quelques observations:


    Tout d'abord, je salue Lakhdar Ibrahimi qui a fait preuve d'un stoïcisme et d'un réalisme bienveillant à toute épreuve. La conclusion qu'il a personnellement énoncé est plutôt terne puisqu'il s'agit de déclarations de principes qui ne veulent absolument rien dire s'ils ne sont pas traduits dans la réalité sauf pour une ou deux d'entre elles comme affirmer l'unité du territoire syrien et la référence à Genève I...
    Il y a tout de même un certain nombre de raisons pour oser espérer:

    +C'est la toute première fois que régime et opposition discutent à la même table, c'est un premier exercice de démocratie, avec toute l'acrimonie qu'on peut rencontrer dans le combat d'idées, qui reste néanmoins bcp moins létal...moi je me représente la guerre de Syrie comme une forme de démocratie militarisée, puisque jusqu'à présent aucune discussion n'a été possible entre les parties, donc on discute par les armes, via des puissances étrangères, lesquelles s'affrontent cyniquement sur terrain neutre si j'ose dire, en usant de toute leur influence pour contenir le conflit dans les frontières historiques "internationalement reconnues" de la Syrie. Une forme d'affrontement civilisé est représenté par la situation au Liban, qui est le seul pays de la région qui fait des efforts pour vaincre le terrorisme, avec Israel bien sûr! p.ê. que l'affrontement fratricide sunnites-chiites pourrait être surmonté d'abord au Liban, éventuellement en organisant des marches communes dénonçant les crimes terroristes, ou encore encourager des sunnites à vivre dans des quartiers chiites et vice et versa...

    +On a parlé de délégations hostiles et ennemies qui ont du surmonter leur haine réciproque pour venir discuter. je salue le courage de la délégation de l'opposition et je me demande pourquoi d'autres groupes n'ont pas rejoint cette idée qui veut qu'il n'y ai pas de solution armée, seulement une solution politique, des compromis à faire dans la cadre d'un combat politique, mais ça risque de prendre du temps, bcp de temps! on a déjà vu des négociations de paix qui n'ont pas abouti quand les rapports de force sur le terrain penchent en faveur d'une partie qui finit par l'emporter! J'ai comme l'impression que seule une action forte et ferme ferait reculer le régime de Damas, qui est déjà à bout de forces mais loin d'être abattu, ce que personne de bon sens ne souhaiterai je crois, mais la caste dirigeante a lamentablement échoué et doit cedre la place pour permettre un renouveau de tout le système sur de nouvelles bases "admises d'un commun accord des parties"

    +Il serait peut être souhaitable qu'une personnalité charismatique emerge au sein de l'opposition sunnite ou même parmi la communauté alaouite pour supplanter le dictateur actuel qui a totalement échoué dans sa mission, même s'il avait au départ un idéal mais il a manifestement pas réussi à le vivre, maintenant il s'enfonce dans une violente destruction qui me semble suicidaire. N'a-t-il pas lu que celui qui voudrait sauver sa vie la perdra??? la première hypothèse est peu probable et j'ai bien peur que les puissances vont pousser l'affrontement jusqu'à épuisement total des parties, comme cela c'était produit il y a un siècle en Europe...

    +Question de cœur: justement un bon dictateur est celui qui use du cœur pour soumettre ses citoyens, ses notables et concurrents, en usant de la compassion on surmonte toutes les oppositions, toutes les réticences, tous les critiques, quel que soit les erreurs commises, quel que soit les bêtises, les corruptions...mais encore faudrait avoir des principes! par exemple Castro était un bon dictateur, Mao aussi je crois, ce n'est pas seulement une question d’élections libres, c'est vraiment comprendre l'essence même du pays qu'il dirige et de savoir parler à ce pays. Le malheureux tyran al-assad a par contre brisé le cœur et la vie de millions de syriens, tout ça à cause de la fierté du regard, qui empêche les gens de céder de peur de paraître faibles. Par exemple dans la vielle ville de Homs, dans certains quartiers assiégés et affamés autour de Damas, on est parvenu à un tel point de souffrance qu'on peut se demander: à quoi sert-t-il de combattre maintenant? pourquoi s'acharner dans l'affrontement? qu'en résultera_t_il? c'est une question de dignité, baisser les bras donnera l'occasion au régime criminel de présenter la capitulation comme un sauvetage inespéré d'une population qu'il aura contribué à affamer, la fin des terroristes, etc...mais je me demande pourquoi on n'a pas proposé de cesser les combats, ou au moins de réduire l'intensité du feu ou des bouclages?  Il n'y a qu'au camp du yarmouk près de Damas qu'il y a eu une bonne nouvelle, un début de soulagement, avec l'entrée de 900 rations d'aide humanitaire pour 20000 âmes. Il y a de quoi verser des larmes sans fin, le cœur des arabes est atteint, la Syrie représente le cœur de la civilisation arabe, bien plus que l'Irak, la Jordanie ou la Palestine.

    Après un second round sans résultat, the "peace in Syria initiative" organise des discussions approfondies à Vienne les 8 et 9 mars 2014.

    Voici ce qu'à déclaré M. El habib Issa lors de la conférence de Vienne: "Il est devenu clair que les puissances étrangères se sont préparé à mener une guerre longue et épuisante qui ne se terminera que par la disparition de la Syrie comme nation unie pour tous ses enfants, et par conséquent un début de solution serait de préparer un climat favorable à l'intérieur de la Syrie afin d'organiser une conférence nationale qui n'exclurait personne et qui ne serait dominé par personne mais qui répondrai au désir des Syriens de mettre un terme au bain de sang en trouvant entre eux des solutions appropriées aux problèmes accumulés." 

    Ceci ressemble à un appel pour l'organisation d'une Constituante syrienne. 

    En ce 15 mars 2014 tout ceci semble bien loin et je pense qu'on n'y aboutira seulement quand ceux qui règnent à Damas sentiront l'effondrement de leur pouvoir imminent.

     

    Faraj

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     



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